Aug 27 / Célia Lefèvre

Et si ton idée de formation était ton premier piège ?

Tu as une idée de formation, peut-être même plusieurs.

Mais… tu n’arrives pas à avancer (ou tu tournes en rond).
Tu bloques à l’étape “structuration”.
Tu procrastines l’écriture.
Tu doutes.

Et si le vrai problème, ce n’était pas toi
Mais bien l’idée elle-même ?
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Cette semaine, j'ai encore eu cette conversation...

Mardi dernier, call de découverte avec une formatrice que je nommerai ici Sarah. Formatrice depuis 5 ans, pleine d'énergie et d'idées. Elle me dit : "Célia, j'ai une super idée de formation sur l'hypersensibilité au travail ! Je l'ai vécue, je m'en suis sortie, j'ai envie de partager."
Et là, je lui pose LA question qui fâche : "Pour qui, exactement ?"

Silence radio, puis : "Ben... pour les hypersensibles ?"

Ça m'a rappelé cette réflexion que je me suis faite il y a quelques mois, en analysant les blocages de mes accompagnés. La plupart du temps, quand quelqu'un me dit "je n'arrive pas à structurer ma formation", le problème n'est pas dans sa capacité à organiser ses idées.
Le problème, c'est l'idée elle-même.

Le syndrome de la fausse bonne idée

Dans les accompagnements que je mène, c’est un point de bascule récurrent : on croit avoir une idée claire de ce qu’on veut transmettre…
Mais dès qu’on tente de la structurer, tout se brouille.

Ce que ça donne :

  • “Je veux aider les gens à se reconnecter à eux-mêmes” → mais… avec quels outils ? pour quel public ? avec quel cadre ?
  • “J’ai envie de transmettre ce que j’ai appris sur l’écoute” → mais… dans quel contexte ? pour produire quelle transformation ?
  • “J’ai trop d’idées, je ne sais pas par où commencer” → donc je ne commence pas.

Ce que j'observe dans mes accompagnements

En tant qu'ingénieure pédagogique, j'ai développé un œil pour repérer les "fausses bonnes idées". Tu sais, ces idées qui sonnent bien dans ta tête, mais qui deviennent des cauchemars dès qu'on essaie de les transformer en parcours concret.

J'en vois passer trois types, principalement :

Alors pourquoi avoir une idée ne suffit pas ?

Parce qu'une idée de formation n’est pas une offre.
C’est un point de départ. Mais si ce point de départ est flou, mal formulé, ou mal aligné… il devient un piège.

Ce n’est évidemment pas de ta faute, c’est une étape normale.

Avoir des idées ne veut pas dire qu’elles sont prêtes à devenir des formations.

C’est une étape floue, inconfortable… mais précieuse.
Il faut juste apprendre à trier, structurer, valider.
C’est un vrai travail (et c’est le cœur de ce qu’on fait ensemble dans mes accompagnements).

Le déclic

Avec Sarah, on a passé une heure à décortiquer son idée.
Et là, miracle : quand elle m'a raconté son parcours, j'ai entendu quelque chose de bien plus précis. Elle ne s'était pas "juste" reconnectée à son hypersensibilité. Elle avait appris à la transformer en super-pouvoir dans ses relations clients.
"Raconte-moi ça", lui ai-je dit.

Et là, elle m'a déroulé un process concret : comment elle avait appris à capter les signaux faibles lors des rendez-vous commerciaux, comment elle utilisait son intuition pour adapter son discours, comment elle transformait ce qu'elle vivait comme un handicap en véritable avantage concurrentiel. 

Ça, c'est une formation.

Pas "se reconnecter à son hypersensibilité" (trop vague), mais "transformer ton hypersensibilité en avantage commercial" (actionnable, mesurable, promesse claire).

Mes trois questions qui débloquent tout

Après des dizaines d'accompagnements, j'ai fini par identifier les trois questions qui font basculer une idée floue vers une formation claire :
  • À qui tu t'adresses, vraiment ? (Et "les entrepreneurs" n'est pas une réponse suffisante)
  • Quel problème concret tu résous ? (Quelque chose qu'ils vivent le lundi matin)
  • Quelle transformation tu peux garantir ? (Mesurable, réaliste, en lien direct avec leur quotidien pro)
Sarah a mis 20 minutes à répondre à ces trois questions, et d'un coup, son idée a pris forme.

  • Sa cible : les commerciaux hypersensibles qui pensent que leur sensibilité les dessert.
  • Son problème : ils ratent des signaux pendant leurs rdv clients.
  • Sa promesse : utiliser leur hypersensibilité comme un radar commercial.

Boom, formation structurée.

Ce que ça m'apprend sur mon métier

Ce qui me fascine dans ce travail d'ingénierie pédagogique, c'est cette étape de "déflouage".
C'est presque de la maïeutique : faire accoucher les gens de leur vraie idée, celle qui était cachée derrière la première version.
Parce que souvent, la bonne idée est là, elle est juste noyée dans du flou, de la passion mal canalisée, ou des concepts trop larges.

Mon rôle ?
Jouer les révélateurs, poser les bonnes questions, creuser jusqu'à trouver le noyau dur, l'idée qui tient la route.
Et après ça, la structuration pédagogique devient un jeu d'enfant.
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Si tu te reconnais dans ces blocages, si ton idée de formation tourne en rond depuis des semaines, on peut peut-être en parler. J'ai créé un format court, "Le Point", une heure pour débrouiller une idée et repartir avec les idées claires.

Parce que parfois, il suffit du bon angle de vue.
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Merci pour tout.
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